TITO : Les casinos ont un ticket avec leurs clients

TITO : Les casinos ont un ticket avec leurs clients

Publié le 04/10/13 - par La Rédaction Les info

 

La campagne publicitaire du Groupe Tranchant de l’été dernier annonçant « À chaque âge son TITO » a sans doute suscité de nombreux questionnements des consommateurs non-joueurs. Après les opticiens qui associent votre âge à une réduction pour l’achat de lunettes, c’est au tour des casinotiers de faire tomber le tabou de l’âge et de l’utiliser pour vous faire gagner des tickets de jeu TITO d’un montant proportionnel à votre nombre d’anniversaires. TITO dites-vous ? Si vous n’êtes pas (encore) un(e) habitué(e) des casinos, alors lisez vite ce qui suit.

Présente sur les machines à sous des casinos aux États-Unis dès les années 1990, cette technologie s’est progressivement imposée en France à partir de 2010 dans la plupart des établissements de jeux, grâce à l’évolution de la législation française en la matière. TITO, qui est l’acronyme de « Ticket-In, Ticket-Out » (comprenez « Ticket en entrée, Ticket en sortie »), est un système de tickets (ben oui) remplaçant les espèces sonnantes et trébuchantes des bandits manchots.

Une autre image des casinos !

Vous l’aurez compris, que l’on joue à Roscoff chez Tranchant, à La Seyne chez Joa, à Bayonne chez Barrière ou encore à Annemasse chez Partouche, les machines à sous équipées des tickets TITO sont devenues incontournables. Si certains casinos proposent encore des modèles à jetons, d’autres sont passés au « full-TITO ».

Cette technologie est sensée donner une image « plus jeune et plus moderne » des casinos pour attirer une nouvelle clientèle, plus jeune, plus connectée, plus pressée aussi. Et ça marche… En vantant un supplément de liberté et plus de confort pour les joueurs, les casinos attirent les curieux qui se pressent, à tel point que certains habitués doivent parfois renoncer à jouer faute de machine libre !

Car il faut bien convenir que ces tickets simplifient effectivement la vie des joueurs en leur évitant des opérations de change de jetons à la caisse du casino dès qu’ils souhaitent passer à une autre machine à sous. Ils leur font également gagner du temps au moment de récupérer leurs gains puisque la phase fastidieuse de comptage des jetons a tout simplement disparu.

Comment ça marche ?

Il faut évidemment que les machines à sous soient équipées de cette technologie. Celle-ci a été développée initialement sous le nom « EZ Pay » par International Game Technology (IGT) et Casino Data Systems (CDS).

Le client commence par miser des espèces (en billets ou en pièces) pour jouer. Mais au lieu de récupérer des jetons en cas de jackpot, la machine imprime un ticket muni d’un code-barres. Celui-ci correspond au montant disponible restant, gain compris. Ce ticket est ensuite réutilisable dans d’autres machines à sous, car celles-ci sont équipées de scanners intégrés qui reconnaissent le code-barres.

Le système est bien sûr sécurisé : les tickets imprimés sur les imprimantes thermiques installées à la place des distributeurs de pièces sont protégés contre la falsification et les machines sont raccordées à un réseau centralisé qui permet de traquer les tickets d’une machine à l’autre au sein de l’établissement. Si vous pensiez pouvoir fabriquer des TITO à partir de votre imprimante perso, c’est raté !

Le joueur peut choisir de se faire rembourser le montant de son avoir à la caisse du casino avant de repartir ou de conserver son ticket pour une visite ultérieure.

Des avantages pour tous ?

Pour les propriétaires de casinos, ce passage au ticket TITO n’a pas été anodin. En effet, nombreux sont les établissements qui ont dû revoir l’emplacement des machines à sous, faire valider les plans pour des raisons de sécurité, modifier les machines, prévoir le câblage, bref repenser toute la salle de jeux souvent au prix de plusieurs mois de travail préparatoire ! Mais l’installation massive de cette invention devrait permettre de réduire les coûts de maintenance des machines à sous.

N’oublions pas non plus qu’un ticket non encaissé au moment du départ facilitera le retour du client dans l’établissement, et ce assez rapidement, puisque le ticket reste valable 7 jours seulement. Il faut simplement faire attention à ne pas l’égarer entre deux visites … D’un point de vue technologique, les tickets TITO ont permis la mise sur le marché de toutes nouvelles machines à sous de 1, 2, 5, 10 et 20 centimes, ce qui était techniquement impossible auparavant : les possibilités de mises vont désormais de 0,01 € à 2 €, de quoi remplir, ou vider c’est selon, toutes les bourses !

Pour les employés, les tickets améliorent leurs conditions de travail : ils sont plus pratiques car ils déchargent de l’approvisionnement régulier en jetons des machines et donc ne nécessitent plus de transport régulier de charges plus ou moins lourdes. Un ticket TITO évite aussi aux caissiers la tâche fastidieuse de recomptage des jetons gagnés et réduit ainsi les erreurs de paiements. L’ambiance des salles de jeux est moins bruyante donc moins fatigante pour tous, employés et joueurs.

Enfin, un ticket TITO est bien plus hygiénique que les pièces, billets et autres jetons qui passent sans cesse de main en main et qui sont, faut-il le rappeler, porteurs de nombreux microbes et germes (vous voyez bien que l’argent est sale !). Pour les vrais accros des machines à sous, ceux qui se délectent du délicieux bruit des pièces en cas de gain, pas de panique : les concepteurs ont intégré dans ces monstres de technologies futuristes un fichier audio pour reproduire le bon vieux tintement des jetons tombant dans le réceptacle, comme pour un vrai jackpot, mais en moins bruyant !

Au final, ce sont les spécialistes de la lutte contre l’addiction qui semblent encore plus inquiets qu’avant. En effet, ils craignent que ces simples tickets avec un code-barres suppriment l’un des derniers repères ou inhibitions des addicts aux jeux d’argent : celui qui permettait de prendre conscience des sommes misées ou perdues physiquement... Alors si cette évolution ne semble pas contrarier les habitudes des joueurs, ne risque-t-elle pas de participer à l’augmentation du risque de dépendance aux jeux d’argent ? A suivre…