Les pauvres interdits de Casino à Singapour

Les pauvres interdits de Casino à Singapour

Publié le 03/07/12 - par Tonellato, Jean Les info

Comment exploiter le filon des casinos tout en protégeant les plus pauvres des dérives liées aux jeux d'argent ? A Singapour, le gouvernement a trouvé une réponse originale... mais terriblement autoritaire puisque les pauvres sont interdits de casino !


Plus de 15 000 Singapouriens seraient visés par ces nouvelles mesures qui concernent :

– les chômeurs,

– les bénéficiaires d'une aide sociale ou d'un logement public,

– les personnes n'ayant pas payé leur loyer depuis six mois.

La cité-État asiatique souhaite ainsi supprimer les problèmes de dépendance et de surendettement auxquels cette population fragilisée serait plus exposée. Pour renforcer ce dispositif, la publicité pour les salles de jeux destinée aux résidents permanents est désormais interdite.

Et ceux qui veulent malgré tout jouer devront s'acquitter d'un droit d'entrée élevé de 62 euros par jour ! Il faudra donc être riche pour pouvoir s'amuser et espérer décrocher le jackpot...

Vers plus de clandestinité ?

A moins d'avoir la chance d'être un touriste ! Les étrangers restent les bienvenus et ils pourront continuer à venir librement dépenser aux machines à sous, au poker ou au black jack. Singapour devrait d'ailleurs considérablement élargir son offre dans les années à venir pour profiter au maximum de cette corne d'abondance financière. Il faut savoir qu'en 2011, les salles de jeux ont permis de récolter 4,8 milliards d'euros.

Certains regrettent toutefois que les plus démunis soient définitivement exclus de casino car cela revient à stigmatiser toute une partie de la population singapourienne. Le critère des revenus est-il réellement le plus judicieux pour déterminer le sens de la responsabilité et le libre arbitre des individus ?

Sans compter que cette interdiction risque justement de renforcer l'attrait pour les casinos et contribuer au développement des tripots clandestins. Il ne faut pas oublier qu'aux Etats-Unis par exemple, c'est justement pendant la Prohibition que les activités criminelles de la Mafia ont pris un essor sans précédent.